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« Commissaire Rex est un chien de « canapé »
Sous ce titre, le journal allemand RHEIN-NECKAR-ZEITUNG a publié,
en décembre 2001, un article de M. Manfred Wilinat, le Président
de l’Académie de Police de Gessen, à Muhelheim-sur-Meine. « De
moins en moins de bergers allemands présentent les aptitudes
requises pour être utilisés dans la police. Ni la généalogie,
ni la grille des épreuves de travail ne garantissent que le
quadrupède sera ou non, un bon chien de police.
D’après les données de la police de Gessen, de
moins en moins de bergers allemands issus des lignées allemandes
peuvent être utilisés en tant que chiens de police. Seul
un chien sur cinq réussit l’examen de sélection
du chien de police
A l’évidence, les qualités, esthétiques
sont ici privilégiées par rapport aux qualités
fonctionnelles. En conséquence, le « commissaire Rex » est
de plus en plus souvent originaire des pays de l’Europe l’Est
où la race des bergers allemands serait, de l’avis général
plus performante.
Et, plus loin, nous pouvons relever « nous avons besoin d’un
chien apte à l’utilisation, et pas d’un chien de
famille » - disent les utilisateurs. Pour cela ils ont besoin
de chiens courageux, durs, pourvus d’un instinct de combat et
d’un dynamisme naturel.
Parmi les 320 chiens utilisés à Gessen, environ 260 sont
des bergers allemands dont l’apparence n’est pas extraordinaire
: poils souvent trop longs, denture non conforme ou sujets monorchides»
Malheureusement, malgré les compliments de certains spécialistes,
adressés aux bergers Allemands de l’Europe de l’Est,
on entend de plus en souvent dans notre pays, parler du niveau insuffisant
des chiens de garde. Plusieurs raisons expliquent cet état de
fait :
Parmi les plus importantes, on peut citer l’absence de tests
d’aptitude à cette fonction, tests réussis obligatoirement
avant l’utilisation de tels sujets pour la reproduction
Sans négliger en outre, les considérations purement mercantiles
(telles que l’essor de la vente des chiots des races populaires),
considérations qui s’opposent à toute logique de
sélection. De surcroît, l’importation, de sujets
de qualité médiocre a joué, elle aussi, un rôle
non négligeable dans cette dégradation.
A ce jour l’acheteur.d’un chien de garde ou d’utilité,
risque de plus en plus souvent d’acquérir, au lieu et
place du protecteur souhaité un sujet inapte au rôle qui
lui est dévolu. Ceci serait tolérable, pour le particulier à la
recherche d’un chien de famille,
Mais quel est le devenir du chien qui, par son « inaptitude professionnelle »deviendra
rapidement une charge pour ses propriétaires ? Pour pallier
ces inconvénients et ne pas aller au devant de graves déboires,
il serait judicieux, que le futur acquéreur connaisse les modalités
de sélection de son futur compagnon Il est important que le
futur acquéreur possède un minimum de connaissances quant à la
détection et au protocole de la recherche des aptitudes du sujet à sélectionner.
La discussion consacrée à ce sujet s’adresse aux
personnes qui ont décidé de dresser ou d’utiliser
un chien dressé pour l’utilisation.
Nous proposerons donc quelques conseils pour ce faire.
Nous allons successivement envisager tous les stades d’éducation
de deux mois jusqu’à l’âge adulte.
Il est évident que cela ne vous transformera pas immédiatement
en spécialiste du dressage. Cependant l’utilisation de
ces connaissances de base, vous permettra d’effectuer un choix
judicieux concernant le futur éducateur de votre chien ou les
techniques d’entraînement si vous avez déjà commencé un
travail avec lui.
L’auteur de cet article, officier du ministère de l’intérieur,
a utilisé pour ce faire, d’une part sa propre expérience
de terrain ainsi que celles des membres des forces de l’ordre
ukrainiennes (douanes, gendarmerie, police, milice,) ainsi que celle
des forces spéciales de l’armée de terre française
et de la police des Etats-Unis.
Les amateurs de compétitions sportives qui lisent cet article
devront l’aborder avec l’idée que même si
nos méthodes d’entraînement et de dressage semblent
les mêmes, les buts divergent dans leur finalité !
Comme la protection du maître et de ses biens est l’objectif
du dressage d’un chien de garde, il est évident que ce
chien là ne devra avoir confiance en personne d’autre
qu’en son maître. La principale différence entre
de tels chiens et ceux entraînés pour les disciplines
sportives,(schutzund) est que ceux-ci ne réagissent qu’au
costume de l’homme d’attaque : que cet équipement
soit porté par un être humain ou même simplement
disposé à terre.
Les chiens entraînés aux disciplines sportives sont généralement
conditionnés par un instinct de chasse, poursuite du gibier,
il s’agit des instincts de poursuite comme on les appelle en
Europe, ou de jeu.
Si l’on rencontre parfois parmi ces sujets, un chien ayant un
véritable instinct de protection, ce n’est pas ce dernier
instinct qui conditionnera sa réussite dans les compétitions.
Il ne peut y avoir d’autre part de bon chien de garde chez qui
l’instinct de protection ne soit prépondérant.
Idéalement, la proportion entre ces deux instinct devrait être
de 60% pour la protection et de 40% pour la chasse ; si ces deux valeurs
n’étaient pas respectées, un chien dont l’instinct
de chasse ou de proie augmenterait au détriment de l’instinct
de protection, pourrait parfaitement réussir les épreuves
de travail sans être complètement fiable en situation
de danger réel, à l’inverse si les proportions
s’inversaient, le sujet ne pourrait être mis en contact
avec des personnes étrangères.
Le choix du chien au caractère souhaité
Le
caractère du chien est la donnée la plus importante à considérer
lors du choix d’un futur chien de garde.
Dans cette optique, le tempérament d’un chien est défini
par sa façon de penser, de se comporter, de réagir, elle
est individuelle pour chaque chien. C’est une des caractéristiques
les plus importantes pour un chien, puisque c’est un facteur
stable, qui ne change pas au cours de la vie du chien.
Les chiots naissent avec certaines caractéristiques que nous
appelons « les traits personnels » (autrement dit, un ensemble
de toutes les qualités distinctives qui ne sont propres qu’à un
individu). Si vous achetez le chien pour un type d’activité précis,
par exemple pour le gardiennage, le facteur clé sera le tempérament
de ce chien.
Cela signifie, que dans certains cas le chien doit être « asocial », à d’autres
moments, très « doux » et convivial.
Le mieux, quand vous souhaitez acheter un chiot ou un chien, est de
demander conseil à un dresseur professionnel. Son œil exercé,
saura reconnaître les petits détails de caractère
difficiles à appréhender pour un néophyte. De
plus, un professionnel posera au propriétaire du chien des questions
détaillées sur la « formation » du chien,
ce qui évitera malentendus et éventuels problèmes à l’avenir
«
Dur » et « doux » - tels sont les termes utilisés
par des dresseurs professionnels, qui définissent ainsi la propension
d’un chien à attaquer. Lorsqu’on contraint un chien à se
défendre, soit, il capitulera et partira en courant, ou alors
il relèvera le défi et combattra. Un chien « dur » ne
capitulera pas. On ne pourra lui faire peur ni avec des sons intenses,
ni en brandissant des objets inconnus, en lui assénant des coups
de pied ou encore en le provoquant avec un stek (sorte de bâton
de bambou ou de cuir enveloppé d’un tissu, utilisé non
pas pour blesser l’animal mais au contraire pour augmenter sa
pression psychologique et lui apprendre à réagir face à de
telles agressions !
Ce type de chien, réagira au contraire d’autant plus agressivement à de
telles provocations C’est donc une réaction de défense
active qui prévaut chez de tels chiens.
Un chien « doux » pourra à l’inverse, paraître
très agressif : il va montrer ses dents, se jeter sur l’agresseur,
rugir et aboyer, mais capitulera ou se sauvera en courant sous la pression
de l’entraîneur. Cela signifie que sa défense est
plus passive qu’active.
Certains chiens capitulent d’autant plus vite qu’ils comprennent
que le « bluff» avec la démonstration des dents
et le rugissement n’a pas marché. Des chiens « doux » peuvent
soudain montrer des signes de peur, en couchant leurs oreilles, inclinant
la tête ou en baissant la queue. Certains de ces chiens peuvent
même mordre l’agresseur. Un dresseur expérimenté saura
dans tous les cas, faire capituler le chien en question.
La douceur du tempérament d’un chien peut être le
résultat d’un caractère « mal trempé »,
d’une insuffisance de l’instinct de protection, d’un
type inerte ou peu mobile de l’activité supérieure
neurale (ASN).
La cause de ces insuffisances peut provenir des caractéristiques
génétiques, conséquences d’un mauvais choix
des géniteurs ou plus simplement d’un manque de confiance
en soi, suite à des agissements incorrects du dresseur.
Pour définir le type de comportement d’un chien donné,
on peut utiliser le testage de son tempérament sur une échelle
de dix degrés. Plus haut est la note obtenue, plus le chien
est apte à devenir un chien de garde ou de surveillance. Cependant,
la note de 10 points ne signifie pas pour autant que le chien correspond
le mieux aux taches en question ; elle signifie simplement que son
caractère dominant est énergique et confiant en lui.
L’ECHELLE
DE GRADUATION DES TEMPERAMENTS
1-3 Des grands problèmes.
1. Un chien retardé mentalement et/ou physiquement. Ce problème
pourrait être la conséquence d’un traumatisme, d’une
maladie en bas âge ou de facteurs génétiques, un
tel chien est extrêmement retardé dans son développement
intellectuel : il ne peut pas apprendre, ne comprend ni les ordres,
ni les corrections ni les louanges. Dans de nombreux cas de tels chiens
ont souvent été réanimés à la naissance.
On a stimulé leur vitalité grâce aux médicaments
et aux soins intensifs. De tels chiens ne peuvent être dressés.
2. Les colériques (extrêmement agressifs, avec un type
de ASN mal équilibrée, facilement excitables et incontrôlables).
C’est soit un problème génétique, soit un
problème médical. Le seuil de stress de tels chiens est
extrêmement bas. Toutes les situations de stress (apparition
d’un inconnu, un son fort, etc.) provoquent une agression. chez
ce type de chien
Toute tentative pour corriger son comportement peut provoquer une agression
incontrôlable envers le dresseur ou des tiers. Cette réaction
a sans doute pour origine un sentiment de panique. Il est très
dangereux d’élever un tel animal chez soi, car sa réaction
habituelle à la peur et à la douleur est l’agression
et la morsure. C’est l’exemple classique du comportement à la
fois lâche et agressif (signe d’une ASN faible) Nous avons
l’habitude de dire que de tels chiens « mordent leur propre
peur ».
3.
Les mélancoliques (un type de ASN très peu excitable).
C’est, selon toute probabilité, un problème génétique
lié à la mauvaise sélection. De tels chiens ne
peuvent pas rester longtemps dans la même position (par exemple,
assis) et exécutent mal les ordres.
Ils ne regardent presque jamais dans les yeux, et s’agitent constamment
d’une manière chaotique.
4-6 Les chiens équilibrés, susceptibles à être
dressés.
4- Les « cinguiniques » (un type de ASN équilibrée,
mobile, mais peu motivée). De tels chiens préfèrent
ne pas s’exposer. Ils réagissent aux ordres, mais n’ont
pas l’initiative de faire quelque chose pour le dresseur. Ils
travaillent bien pour les friandises, puisqu’ils sont surtout
motivés par l’amour propre. Ce sont des chiens actifs,
mais paresseux qui ne demandent pas beaucoup d’attention, ils
n’aiment pas jouer, attraper des balles, etc. Le contact des
yeux est minime, 20 ,25 %.
5. Les cinguiniques (moyennement motivés). Ce sont des chiens
normaux, assez sociables. Ils saluent les étrangers avec intérêt
et sans agressivité. En règle générale,
leur comportement n’est pas énergique, même s’ils
acceptent volontiers de jouer, courent après les jouets. Toutefois,
ils perdent rapidement l’intérêt pour le jeu entamé et
commencent à s’occuper d’autre chose, ou bien s’allongent
pour se reposer. Ce type de chien est un très bon chien pour
les foyers avec des enfants. Il réagit facilement aux ordres,
sans agitation, il a une motivation constante pour le travail. Le contact
des yeux chez ces chiens s’élève à 30 ,40%
6.
Les cinguiniques (hautement motivés). Ce sont les champions
des disciplines impliquant une grande obéissance ou des compétences
spécifiques : secourisme, détections des explosifs, des
stupéfiants, etc. Ce type de chien est extrêmement sociable,
il aime jouer ; il rencontre des nouvelles personnes avec la tête
haute et le regard gaillard, en les flairant. Etant très motivé,
ce chien est toujours prêt à exécuter les ordres
de son maître, quelque soit l’encouragement proposé une
friandise, un jeu, etc. Le contact des yeux est de l’ordre de
50 , 60%
Il donne volontiers le signal d’alarme, mais son aboiement témoigne
plutôt d’une excitation que de l’instinct de protection.
7-9 Les chien équilibrés avec l’instinct de défense
et de protection corrects.
7. Les équilibrés avec faible instinct protecteur :
Les chiens de ce type sont joyeux, mais se tiennent un peu à l’écart
des gens et sont assez possessifs à l’égard de
leurs jouets, de leurs maîtres et leurs foyers. L’instinct
de chasse n’est pas excessif- ils montrent souvent une agression
vocale (aboiements), ce qui leur permet de prévenir et d’effrayer
les tiers, ce qui en fait de bons chiens de surveillance. Toutefois,
face à une pression psychologique ou physique intensive ou prolongée,
ils peuvent céder. Ils sont sociables, mais méfiants.
Le contact des yeux est de l’ordre de 60,70%. Ces chiens ne peuvent
assimiler le dressage de protection que dans sa forme de base. Ce sont
des bons chiens de surveillance et des bons compagnons.
8. Les équilibrés avec un instinct protecteur normal
Ce sont des animaux de type dominant, mais qui se soumettent volontiers
aux dresseurs. Chez ce type de chiens les instincts de chasse et de
protections sont bien balancés, ils sont donc plus adaptés
que tout autre type de chiens à être utilisés pour
protéger un kiosque, un magasin, une famille ou un individu.
Ils assimilent facilement les trois niveaux de dressage de garde, où il
s’agit d’attaquer et d’immobiliser l’adversaire.
De tels chiens sont par leur nature méfiants, sans excès.
Ils ne cherchent pas la confrontations, cependant, lorsqu’un
danger menace leur maître ou sa famille, ou seulement sur ordre,
ils le défendront toujours Le contact des yeux est chez eux
de l’ordre de 60,70% . Le langage des mouvements de leur corps
est moins parlant que chez les chiens de la catégorie 7. Ils
sont toujours prêt à travailler.
9. Les équilibrés avec un instinct protecteur très
développé
Ces chiens sont très dominants et sont préposés à occuper
la position de leader dans leur groupe. Malgré cette tendance,
ils vont obéir à leur maître, à condition
toutefois que celui-ci ait un caractère fort. Leur instinct
de défense est très développé, ce qui les
empêche de travailler au contact du public, comme, par exemple,
dans la surveillance des magasins. Leurs dispositions naturelles en
font de très bons chiens de patrouille ( chiens de police).
On peut les employer avec un grand succès pour la protection
des terrains autour d’un site à protéger
Ils regardent dans les yeux, le contact étant dans ce cas de
l’ordre de 80,90% . Le dresseur et le maître doivent avoir
une grande force de caractère pour gagner leur confiance et
leur respect.
10. Les « alphas » très agressifs, ne peuvent pas être
dressés. Il est d’usage de les appeler « alpha-leaders ».
Ils préféreront mourir plutôt que de se soumettre à quelqu’un.
Le mieux est de se tenir le plus loin possible de ces chiens, ils ont
besoin d’un maître aussi « alpha » qu’eux.
Ils sont antisociables et mordent tout le monde, y compris leur maître,
ce qui en fait de très bons chiens de surveillance. Il faut être
extrêmement méfiants avec eux ! Ce sont des vrais problèmes
vivants, il faut donc les élever dans des volières, sous
un contrôle très strict. Ne jamais les utiliser pour les
taches de surveillance en présence de gens, mais uniquement
attachés, pour un contrôle des périmètres
intérieurs et extérieurs, ils ne peuvent pas être
utilisés à d’autres fins ! Le contact des yeux
est de 100%, ils ne détournent pratiquement jamais leur regard,
ils regardent droit dans les yeux. L’expression des yeux est
froide, les mouvements du corps inexpressifs, leur manière de
se tenir est menaçante.
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